La règle des 500 daltons expliquée simplement

Spatule d'application et goutte de gel rosé de masque de nuit OVEA

En bref : la règle des 500 daltons est un repère simple : au-delà d'un poids moléculaire d'environ 500 daltons, une molécule a peu de chances de franchir la couche superficielle de la peau. Ce n'est pas une loi absolue, mais elle explique pourquoi le collagène appliqué sur la peau agit en surface, sans descendre jusqu'au derme.

Vous avez peut-être croisé cette règle sur les réseaux, souvent utilisée pour « démonter » un ingrédient ou, à l'inverse, pour vanter un autre. Chez Ovea Skin, nous pensons qu'elle mérite d'être expliquée correctement. Bien comprise, elle vous aide à lire les promesses des soins avec plus de recul et à savoir ce que vous pouvez raisonnablement attendre d'une crème ou d'un masque.

Qu'est-ce que la règle des 500 daltons ?

C'est un seuil de taille moléculaire en dessous duquel une substance traverse plus facilement la barrière cutanée. Le dalton est l'unité qui mesure la masse d'une molécule. Ce repère a été décrit en 2000 dans la revue Experimental Dermatology, à partir d'une observation : les allergènes de contact et les médicaments appliqués sur la peau avec succès sont presque tous des petites molécules.

Une revue publiée en 2018 dans la revue Pharmaceutics sur l'amélioration du passage des formulations topiques reprend ce critère : les molécules qui passent bien la peau ont en général un poids moléculaire inférieur à 500 Da et une affinité équilibrée entre l'eau et les graisses.

Pourquoi la peau filtre-t-elle les grosses molécules ?

Parce que sa couche la plus externe, la couche cornée, est conçue pour faire barrière. Elle est formée de cellules aplaties et soudées par un ciment de lipides. La même revue précise que la couche cornée est la barrière qui limite le plus le passage des substances vers les couches plus profondes. Pour la franchir, une molécule doit se glisser entre ces cellules. Plus elle est volumineuse, plus le chemin est difficile.

Ce rôle de barrière est une bonne nouvelle : c'est lui qui protège votre organisme des microbes, des polluants et de la plupart des substances que vous touchez au quotidien.

Où se situent les ingrédients courants par rapport à ce seuil ?

Certains sont très petits, d'autres beaucoup trop gros pour franchir la couche cornée. Quelques repères :

  • L'eau : 18 daltons, une toute petite molécule.
  • La glycérine : environ 92 daltons.
  • La niacinamide : environ 122 daltons.
  • Les peptides : leur taille varie beaucoup selon le nombre d'acides aminés qui les composent.
  • L'acide hyaluronique et le collagène natif : de très grosses molécules, bien au-delà du seuil.

Si vous vous intéressez aux peptides, notre article sur le rôle des peptides en cosmétique détaille ce qu'ils font et ce qu'il faut en attendre.

La règle signifie-t-elle qu'un grand actif ne sert à rien ?

Non. Une molécule qui reste en surface peut tout à fait avoir un intérêt cosmétique. C'est même le cas de nombreux soins hydratants. Une grosse molécule qui retient l'eau peut :

  • former un film léger à la surface de la peau ;
  • limiter l'évaporation de l'eau ;
  • rendre la peau plus souple et plus douce au toucher ;
  • atténuer l'apparence des ridules de déshydratation.

Ces effets sont visibles et réels, mais temporaires : ils dépendent de l'hydratation de la surface de la peau.

Que nous apprend-elle sur le collagène en crème ou en masque ?

Qu'il agit en surface et ne remplit pas le rôle du collagène de votre derme. Le collagène est une protéine de très grande taille. Appliqué sur la peau, il ne franchit pas la couche cornée. Il capte l'eau, forme un film et aide à limiter la déshydratation. C'est exactement ce que nous expliquons, sources à l'appui, dans notre dossier sur ce que fait vraiment le collagène en crème ou en masque.

Le même raisonnement vaut pour d'autres usages. Nous l'appliquons par exemple aux soins capillaires dans notre article sur le collagène et les cheveux.

Quelles sont les limites de cette règle ?

C'est un repère pratique, pas une frontière nette. Plusieurs facteurs modifient le passage d'une molécule :

  1. L'état de la peau : une peau abîmée ou irritée fait moins bien barrière.
  2. L'affinité de la molécule pour l'eau ou les graisses : une molécule trop hydrophile ou trop lipophile passe mal, même si elle est petite.
  3. La formule : certains solvants ou vecteurs modifient le comportement d'un actif.
  4. La zone du corps : la peau des paupières est plus fine que celle des paumes.

Retenez surtout ceci : une petite molécule n'est pas forcément meilleure, et une grosse molécule n'est pas forcément inutile. Tout dépend de l'effet recherché.

Questions fréquentes

Qui a formulé la règle des 500 daltons ?

Elle a été proposée en 2000 par deux chercheurs, dans la revue Experimental Dermatology. Elle sert depuis de repère en pharmacologie cutanée et en cosmétique.

Le collagène hydrolysé passe-t-il sous ce seuil ?

Le collagène hydrolysé est découpé en fragments plus petits que le collagène natif, mais ces fragments restent souvent plus gros que 500 daltons. En application, il agit surtout comme agent hydratant de surface.

Un ingrédient qui franchit la barrière est-il plus efficace ?

Pas forcément. L'hydratation de surface, la protection contre l'évaporation ou le confort au toucher sont des effets utiles, qui ne demandent pas de franchir la couche cornée.

Faut-il vérifier le poids moléculaire de ses soins ?

Ce n'est pas nécessaire au quotidien. Il suffit de retenir l'idée générale pour repérer les promesses irréalistes, comme un collagène topique présenté comme capable d'agir dans le derme.

Si vous cherchez un soin qui assume clairement son action de surface, notre masque de nuit au collagène peut vous aider à retrouver une peau plus souple et plus lumineuse au réveil, en complément de votre routine.